Réglementation · Sanctions par pays

Sanctions · Canada

Canada

Accessible Canada Act (ACA) · Adoptée 2019 · Devise des sanctions :CAD

Cinq niveaux : PAP en vertu de la Loi ACA jusqu'à 250 000 CAD par violation par jour ; AODA jusqu'à 100 000 CAD/jour pour les sociétés et 50 000 CAD/jour pour les particuliers ; PAP provinciales de 5 000 à 250 000 CAD ; indemnités TCDP jusqu'à 40 000 CAD ; recours fondés sur la Charte.

Le Canada n'a pas de loi nationale unique sur l'accessibilité. Il dispose d'une mosaïque fédérale et provinciale : la Loi canadienne sur l'accessibilité 2019 (Accessible Canada Act) lie les secteurs sous réglementation fédérale — banques, télécommunications, radiodiffuseurs, sociétés d'État fédérales, transport sous réglementation fédérale et la fonction publique fédérale elle-même. Tout le reste relève de la compétence des provinces. L'Ontario a ouvert la voie provinciale en 2005 avec l'AODA ; le Manitoba (2013), la Nouvelle-Écosse (2017), la Colombie-Britannique (2021) et la Saskatchewan (2023) ont suivi. Le Québec est doté d'une loi sur les droits des personnes handicapées depuis 1978, substantiellement mise à jour par le Projet de loi 17 en 2024. En dessous de tout cela se trouvent la Charte canadienne des droits et libertés (article 15) et la Loi canadienne sur les droits de la personne, qui traitent toutes deux le handicap comme un motif de distinction illicite.

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Lois fédérales et provinciales fondamentales
ACA · AODA · Québec E-20.1 · AMA Manitoba · Loi sur l'accessibilité N.-É. · ABCA · ASA Saskatchewan · CHRA · Charte art. 15.
$250K
PAP maximale par jour
Pénalité administrative pécuniaire maximale en vertu de l'art. 74 de la Loi ACA — par violation, par jour, contre une entité réglementée. Le plafond de l'AODA pour les sociétés est de 100 000 CAD/jour.
2040
Objectif de la Loi ACA
L'objectif politique fédéral en vertu de l'art. 5 de la Loi ACA. L'AODA visait 2025 (désormais dépassé) ; la Nouvelle-Écosse vise 2030 ; C.-B., Manitoba et Saskatchewan fixent leurs objectifs par leurs cycles d'élaboration de normes.

Le socle constitutionnel et conventionnel

La Charte canadienne des droits et libertés, annexe B de la Loi constitutionnelle de 1982, fixe le plancher constitutionnel. L'article 15(1) — la clause d'égalité entrée en vigueur le 17 avril 1985 après le délai de trois ans prévu à l'article 32 — mentionne expressément parmi ses motifs énumérés les « déficiences mentales ou physiques ». La Cour suprême du Canada s'est appuyée sur cette clause pour ancrer deux des affaires de handicap les plus citées dans la jurisprudence canadienne. Dans l'affaire Eldridge c. Colombie-Britannique (Procureur général), [1997] 3 RCS 624, la Cour a conclu que le refus de la Colombie-Britannique de financer l'interprétation en langue des signes pour les patients sourds dans les services médicaux assurés par l'État constituait une violation de l'article 15, et que l'obligation de fournir des services publics de manière accessible est de nature constitutionnelle et non simplement politique. Dans Moore c. Colombie-Britannique (Éducation), 2012 CSC 61, la Cour a étendu ce raisonnement au refus d'un conseil scolaire de fournir des services spécialisés pour les troubles d'apprentissage en lecture.

La Loi canadienne sur les droits de la personne (L.R.C. 1985, ch. H-6), adoptée initialement en 1977, inscrit le handicap parmi les onze motifs de distinction illicite à l'article 3 et impose l'obligation d'accommodement jusqu'à la contrainte excessive aux employeurs et prestataires de services sous réglementation fédérale. Cette obligation est le moteur doctrinal de la plupart des plaintes en accessibilité numérique déposées auprès de la Commission canadienne des droits de la personne.

Le Canada a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées le 11 mars 2010, avec une déclaration sur la mise en œuvre fédérale-provinciale reflétant le partage constitutionnel des compétences. Le Protocole facultatif a été ratifié le 3 décembre 2018, ouvrant la voie aux communications individuelles au Comité de la CDPH. Le Canada a déposé son rapport initial en vertu de l'article 35 en 2014 ; les Observations finales du Comité ont suivi en 2017, avec une attention explicite à l'éducation inclusive, à l'accessibilité de l'environnement bâti et à la fragmentation fédérale-provinciale du droit de l'accessibilité.

La voie fédérale : la Loi canadienne sur l'accessibilité 2019

La Loi canadienne sur l'accessibilité (Accessible Canada Act), L.C. 2019, ch. 10, a reçu la sanction royale le 21 juin 2019 et est entrée en vigueur le 11 juillet 2019. Son champ d'application est le périmètre de compétence fédérale : les entités privées sous réglementation fédérale (banques sous la Loi sur les banques, opérateurs de télécommunications, radiodiffuseurs, transport sous réglementation fédérale incluant l'aviation, les chemins de fer interprovinciaux et le transport maritime), tous les ministères et organismes fédéraux, les sociétés d'État fédérales, la Gendarmerie royale du Canada, les Forces canadiennes et le Parlement lui-même (avec son propre chapitre dédié).

La portée substantielle de la Loi est organisée autour de sept domaines prioritaires énoncés à l'article 5 : (1) l'emploi ; (2) l'environnement bâti ; (3) les technologies de l'information et des communications ; (4) la communication autre que les TIC ; (5) l'approvisionnement en biens, services et installations ; (6) la conception et la prestation de programmes et de services ; et (7) le transport. Les normes dans chacun de ces domaines sont élaborées par Normes d'accessibilité Canada (CASDO) et ne deviennent contraignantes que lorsque le gouverneur en conseil les adopte comme règlements en vertu de l'article 117.

Chaque entité sous réglementation fédérale doit produire trois documents : un plan sur l'accessibilité, un processus de rétroaction et un rapport d'avancement périodique. Le premier groupe de plans était dû le 1er juin 2022 (ministères et organismes fédéraux) ; la deuxième vague a couvert les sociétés d'État et les entités privées sous réglementation fédérale comptant 100 employés ou plus à partir du 1er juin 2023 ; la troisième vague a couvert les entités de 10 à 99 employés à partir du 1er juin 2024. Les plans sont renouvelés sur un cycle de trois ans, avec des rapports d'avancement déposés les années intermédiaires.

L'application relève du Commissaire à l'accessibilité, un agent logé au sein de la Commission canadienne des droits de la personne mais doté de pouvoirs légaux distincts. Le Commissaire peut mener des inspections, émettre des ordonnances de conformité, accepter des accords de conformité et émettre des avis de violation assortis de pénalités administratives pécuniaires pouvant atteindre 250 000 CAD par violation par jour. Le CRTC conserve une autorité distincte sur les secteurs des télécommunications et de la radiodiffusion.

Ontario : l'AODA et le dérapage de 2025

La Loi sur l'accessibilité pour les personnes handicapées de l'Ontario, L.O. 2005, ch. 11, est la loi d'accessibilité globale la plus ancienne du Canada et le modèle sur lequel la plupart des lois provinciales ultérieures se sont inspirées. Son objectif à long terme, énoncé à l'article 1, est un Ontario accessible d'ici 2025 — un objectif que la province a maintenant publiquement reconnu ne pas pouvoir atteindre, le troisième examen indépendant (rapport Onley de 2019 et rapport LePage de 2023) ayant relevé d'importantes lacunes en matière de conformité et d'application.

Les obligations substantielles figurent dans le Règlement sur les normes d'accessibilité intégrées, Règl. de l'Ont. 191/11 (le RNAI), qui consolide cinq normes : service à la clientèle, information et communications, emploi, transport et conception des espaces publics. La norme sur l'information et les communications est celle qui a le plus motivé les travaux d'accessibilité numérique en Ontario : les grands organismes désignés (50 employés ou plus) devaient mettre à niveau les sites web publics vers le niveau A des WCAG 2.0 d'ici le 1er janvier 2014 et vers le niveau AA des WCAG 2.0 d'ici le 1er janvier 2021. Les références WCAG du RNAI n'ont pas été formellement mises à jour vers les WCAG 2.1 ou 2.2.

Les pénalités maximales prévues à l'article 21(8) sont : 50 000 CAD par jour pour les particuliers et 100 000 CAD par jour pour les sociétés en cas de déclaration de culpabilité pour une infraction. Le vérificateur général de l'Ontario a documenté une sous-application soutenue : la Direction a historiquement émis un nombre limité de pénalités pécuniaires malgré une non-conformité généralisée.

Les autres provinces

Québec. La Loi assurant l'exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale (RLRQ c. E-20.1), adoptée initialement en 1978, est la loi provinciale sur les droits des personnes handicapées la plus ancienne du Canada. Substantiellement remaniée par le Projet de loi 17 sanctionné en 2024, la loi exige désormais que les organismes publics et les grands employeurs (ceux comptant 50 employés ou plus) adoptent et publient des plans d'accessibilité annuels, avec des pouvoirs de supervision et de rapport élargis accordés à l'Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ). Le Québec est la seule juridiction canadienne où le français est la langue juridique opérante sous la Charte de la langue française.

Manitoba. La Loi sur l'accessibilité pour les Manitobains, C.P.L.M. ch. A1.7, en vigueur depuis 2013, repose sur une architecture à cinq normes : service à la clientèle (en vigueur 2018), emploi (2022 pour le secteur public, 2024 pour le secteur privé), information et communication (règlement en cours d'élaboration jusqu'en 2025), transport, et conception d'espaces publics extérieurs. Les pénalités maximales prévues à l'article 33 atteignent 250 000 CAD pour les sociétés en cas de déclaration de culpabilité pour une infraction.

Nouvelle-Écosse. La Loi sur l'accessibilité, S.N.S. 2017, ch. 2, a fixé un objectif législatif contraignant d'une Nouvelle-Écosse accessible d'ici 2030. Des normes dans les domaines de l'éducation, de l'emploi, de l'information et des communications, de l'environnement bâti, du transport et des biens et services sont élaborées en séquence par le Conseil consultatif sur l'accessibilité.

Colombie-Britannique. La Loi sur l'accessibilité en Colombie-Britannique, S.B.C. 2021, ch. 19, est entrée en vigueur en 2021. Le Règlement sur les comités d'accessibilité (Règl. de la C.-B. 105/2022) a soumis plus de 750 organismes du secteur public à l'obligation d'établir des comités d'accessibilité, de publier des plans d'accessibilité et d'exploiter des mécanismes de rétroaction à compter du 1er septembre 2022. Les normes substantielles sont en cours d'élaboration.

Saskatchewan. Le cadre le plus récent : la Loi sur l'accessibilité en Saskatchewan, S.S. 2023, ch. A-1.001, a reçu la sanction royale le 17 mai 2023 et a été proclamée en vigueur par phases jusqu'en 2024. Les travaux d'élaboration de normes viennent tout juste de commencer ; les obligations substantielles à l'égard des entités réglementées ne sont pas attendues avant 2026–27.

Les trois territoires — Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut — ne disposent d'aucune loi d'accessibilité dédiée en 2026, s'appuyant sur la législation territoriale sur les droits de la personne et sur la Loi canadienne sur les droits de la personne là où les milieux de travail sous réglementation fédérale sont en cause.

Le filet de sécurité transversal : recours fondés sur les droits de la personne et la Charte

Sous la Loi ACA fédérale et les sept cadres provinciaux se trouve la voie de la plainte en matière de droits de la personne, qui a fourni l'essentiel du travail doctrinal pour le droit de l'accessibilité canadien au cours des trois dernières décennies. La Commission canadienne des droits de la personne filtre les plaintes de compétence fédérale et renvoie les affaires contestées au Tribunal canadien des droits de la personne pour adjudication. En vertu de l'article 53(2) de la Loi canadienne sur les droits de la personne, le Tribunal peut ordonner au défendeur de cesser la pratique discriminatoire, de prendre des mesures pour y remédier et de verser une compensation. L'article 53(2)(e) plafonne les dommages pour préjudice moral à 20 000 CAD, et l'article 53(3) permet une indemnité spéciale supplémentaire de 20 000 CAD lorsque la discrimination était délibérée ou téméraire — pour un plafond légal maximum de 40 000 CAD par plaignant, en plus de la réintégration et des ordonnances correctives.

Chaque province dispose d'une commission et d'un tribunal des droits de la personne parallèles — non plafonnés à la limite fédérale de 40 000 CAD : le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario a rendu des condamnations atteignant 75 000 CAD et plus dans de graves affaires de discrimination fondée sur le handicap.

Normes techniques et conformité

Contrairement à la norme harmonisée unique EN 301 549 de l'UE, le Canada s'appuie sur un ensemble stratifié de références techniques. Les Règles pour l'accessibilité des contenus web (WCAG) demeurent le noyau doctrinal : le niveau AA des WCAG 2.0 est le plancher légal contraignant pour les organismes désignés en Ontario sous le RNAI, et le Secrétariat du Conseil du Trésor exige le niveau AA des WCAG 2.1 pour les sites web et applications du gouvernement du Canada. Normes d'accessibilité Canada a publié des normes couvrant la communication en langage clair (CAN-ASC-3.1), l'emploi accessible (CAN-ASC-1.1) et les voies d'évacuation d'urgence (CAN-ASC-2.1) ; une norme sur l'accessibilité des produits et services TIC, largement alignée sur l'EN 301 549 et la Section 508 américaine, a été mise en consultation publique fin 2024 et est en voie de publication en 2026.

Les sanctions — l'exposition totale en cinq niveaux

Le même cadre à cinq niveaux s'applique au Canada, avec une particularité structurelle : le partage fédéral-provincial signifie qu'un seul opérateur non conforme peut faire face à une exposition sous deux ou trois niveaux simultanément, dans deux ou trois forums différents. Tous les montants ci-dessous sont en dollars canadiens.

Niveau 1 — pénalités administratives pécuniaires fédérales sous la Loi ACA

Le pouvoir du Commissaire à l'accessibilité d'imposer des pénalités est énoncé à l'article 74 de la Loi canadienne sur l'accessibilité et dans l'annexe des PAP du Règlement sur l'accessibilité au Canada. Plafond : 250 000 CAD par violation par jour pour une entité réglementée. Le Commissaire peut également accepter un accord de conformité en vertu de l'article 75 en lieu et place d'un avis de violation — voie standard au cours du premier cycle de surveillance.

Niveau 2 — pénalités administratives pécuniaires provinciales

Maxima des pénalités prévues par les lois d'accessibilité provinciales. Tous les montants en dollars canadiens (CAD).
Province / texteMaximum sociétésMaximum particuliersRemarques
Ontario — AODA art. 21(8)100 000 CAD / jour50 000 CAD / jourResponsabilité des administrateurs et dirigeants en vertu de l'art. 39. Appels au Tribunal d'appel en matière de permis.
Manitoba — AMA art. 33jusqu'à 250 000 CADjusqu'à 50 000 CADEn cas de déclaration de culpabilité ; régime de contraventions pour les infractions de bas niveau.
Nouvelle-Écosse — Loi sur l'accessibilitéjusqu'à 250 000 CADjusqu'à 10 000 CADDéploiement norme par norme ; premières mesures d'application attendues d'ici 2026.
Colombie-Britannique — ABCAà fixer par règlementà fixer par règlementNormes substantielles encore en cours d'élaboration ; règlements sur les PAP à venir.
Saskatchewan — ASAjusqu'à 250 000 CADjusqu'à 10 000 CADProclamation par phases jusqu'en 2024 ; élaboration des normes tout juste commencée.
Québec — RLRQ c. E-20.1 (post-2024)jusqu'à 25 000 CADjusqu'à 5 000 CADManquements aux obligations de planification ; pouvoirs de surveillance de l'OPHQ renforcés par le Projet de loi 17.

Le plafond de l'AODA en Ontario — 100 000 CAD par jour pour les sociétés, multiplié par les jours de non-conformité continus — représente, sur le papier, le chiffre d'exposition soutenue le plus élevé du paysage de l'accessibilité canadien. Dans la pratique, la Direction de l'accessibilité a utilisé parcimonieusement l'extrémité supérieure de cette échelle.

Niveau 3 — Tribunal canadien des droits de la personne et tribunaux provinciaux

Le plafond compensatoire du Tribunal canadien des droits de la personne est de 40 000 CAD par plaignant (20 000 CAD pour préjudice moral + 20 000 CAD d'indemnité spéciale). Les tribunaux provinciaux sont non plafonnés : le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario a rendu des condamnations atteignant 75 000 CAD et plus dans de graves affaires de discrimination fondée sur le handicap. Les tribunaux peuvent aussi ordonner la réintégration, l'adoption d'un programme spécial et le paiement de dépens dans certaines juridictions.

Niveau 4 — recours fondés sur la Charte et remèdes constitutionnels

Pour les acteurs étatiques et les services financés par l'État, l'article 24 de la Charte permet à un tribunal de concevoir le remède « convenable et juste ». Des dommages-intérêts constitutionnels sont disponibles en vertu de l'arrêt Vancouver (Ville) c. Ward, 2010 CSC 27, lorsque la violation est suffisamment grave. Dans la pratique, les dommages constitutionnels dans les affaires de handicap ont été rares et modestes — le principal remède dans des affaires comme Eldridge a été une ordonnance structurelle exigeant que l'État fournisse le service sous une forme accessible.

Niveau 5 — exclusion des marchés publics et exposition réputationnelle

Pour les fournisseurs vendant au gouvernement fédéral, la Directive du Conseil du Trésor sur la gestion de l'approvisionnement intègre les exigences d'accessibilité dans les critères techniques et d'évaluation des appels d'offres concurrentiels. Pour un fournisseur dont la principale source de revenus est les contrats du secteur public, ce niveau dépasse régulièrement d'un ordre de grandeur l'exposition aux pénalités administratives.

La perspective budgétaire réaliste pour 2026

Pour une entité sous réglementation fédérale (banque, télécoms, radiodiffuseur, société d'État) ne respectant pas les obligations de plan et rapport de la Loi ACA, l'exposition type au premier cycle est un accord de conformité avec un calendrier d'actions correctives ; la fourchette type de PAP pour les violations documentées est de 250 à 25 000 CAD par violation, avec le plafond de 250 000 CAD/jour réservé aux comportements répétés ou aggravés. Pour un organisme désigné en Ontario ne déposant pas son rapport de conformité à l'accessibilité, l'exposition type est une contravention de 250 à 2 000 CAD par occurrence, pouvant augmenter jusqu'au plafond légal quotidien dans les cas prolongés. Pour un opérateur de commerce électronique interprovincial, l'exposition dominante est les plaintes provinciales relatives aux droits de la personne adjugées sous les codes provinciaux, avec des indemnités compensatoires de 10 000 à 40 000 CAD par plaignant et des ordonnances structurelles exigeant la correction de l'inaccessibilité sous-jacente.

Bilan de l'application et perspectives

La première année complète de rapport du Commissaire à l'accessibilité a documenté la mise en place du bureau et les premières interactions de conformité avec les entités sous réglementation fédérale ; les rapports annuels jusqu'en 2024 et 2025 ont documenté une approche délibérément progressive — accords de conformité et plans d'actions correctives plutôt que PAP importantes au premier cycle. Le Commissaire a signalé que le deuxième cycle (à partir de 2026) fera un usage plus vigoureux du régime de PAP là où les entités réglementées n'ont pas donné suite aux constatations du premier cycle.

L'histoire de l'application de l'AODA en Ontario est la plus documentée au pays. Trois examens indépendants — le rapport Beer (2010), le rapport Moran (2014), le rapport Onley (2019) et le rapport LePage (2023) — ont chacun documenté une non-conformité généralisée et une sous-utilisation persistante des pouvoirs d'application. L'objectif 2025 nécessitait un changement de cap dans l'intensité de l'application qui ne s'est pas matérialisé.

Ce qui vient en 2026–27

Trois développements concrets à surveiller. Premièrement, l'examen de la Loi ACA en vertu de l'article 117 — l'examen indépendant prévu par la loi — cadrera l'agenda politique fédéral tout au long de 2026–27 et produira vraisemblablement des recommandations sur le calibrage des PAP, le rythme d'élaboration des règlements et la coordination fédérale-provinciale. Deuxièmement, Normes d'accessibilité Canada est en voie de publier sa norme sur l'accessibilité des TIC en 2026 ; une fois adoptée par règlement sous la Loi ACA, cette norme deviendra le référentiel technique contraignant pour les entités sous réglementation fédérale. Troisièmement, le prochain examen indépendant de l'AODA en Ontario devrait être lancé en 2026, avec une attention à une éventuelle mise à jour des WCAG de la référence du RNAI de la version 2.0 vers 2.1 ou 2.2.

La liste de contrôle pratique pour la mise en conformité en 2026

Si vous êtes une entité sous réglementation fédérale : publiez ou mettez à jour votre plan sur l'accessibilité au format du Règlement sur l'accessibilité au Canada ; déposez le rapport d'avancement de l'année intermédiaire sur le cycle de trois ans ; exploitez le mécanisme de rétroaction dans les deux langues officielles.

Si vous êtes un organisme privé désigné en Ontario comptant 50 employés ou plus : déposez votre rapport de conformité à l'accessibilité sur le cycle de trois ans ; confirmez la conformité au niveau AA des WCAG 2.0 pour les sites web publics ; maintenez des politiques d'accessibilité, un plan d'accessibilité et les registres de formation requis par le RNAI.

Si vous êtes un opérateur de commerce électronique ou de services numériques interprovincial : cartographiez vos obligations en vertu de chaque cadre provincial et alignez votre conformité technique sur le niveau AA des WCAG 2.1 comme plancher commun.

Le fil conducteur

Le régime d'accessibilité du Canada est, selon les normes internationales, complet dans sa couverture formelle et inégal dans son application. La Loi ACA fédérale a comblé l'écart de longue date dans le droit de l'accessibilité des entités privées sous réglementation fédérale ; les provinces ont ajouté des cadres d'ambition et de maturité variables ; la Charte et la Loi canadienne sur les droits de la personne servent de filet de sécurité pour les deux. Ce qui reste à tester au cours de 2026–27, c'est si le deuxième cycle de surveillance du Commissaire à l'accessibilité utilise le pouvoir de PAP de 250 000 CAD/jour à grande échelle, si la posture d'application de l'Ontario post-2025 correspond enfin aux diagnostics LePage et Onley, et si les régimes provinciaux les plus récents convertissent l'élaboration de normes en réglementation contraignante.

En savoir plus avec Disability World sur la Loi canadienne sur l'accessibilité, la Loi sur l'accessibilité pour les personnes handicapées de l'Ontario, WCAG 2.1, EN 301 549 et la CDPH de l'ONU.