Éditorial · Application réglementaire UE · Année 2

Application de l’EAA, année 2 : données de sanctions des autorités nationales de surveillance du marché — mesures nommées, comparées à la référence de l’année 1

L’année 2 d’application de l’Acte européen sur l’accessibilité a démarré le 28 juin 2026, le régime n’étant plus nouveau. Douze mois plus tôt, les premières sanctions étaient encore en cours de rédaction ; aujourd’hui, sept autorités de surveillance du marché nommées ont publié des mesures consignées au dossier. BAFA en Allemagne, l’AEPD conjointement avec le Ministerio de Asuntos Económicos en Espagne, ARCOM et la DGCCRF en France, l’AgID en Italie, la Tarbijakaitseamet en Estonie, l’Agentschap Telecom aux Pays-Bas, et la toute nouvelle agence belge AIBE créée en octobre 2026 — chacune a produit des documents consultables. Le présent article est le rapport de situation de l’année 2. Il fait suite au dossier d’application de l’année 1 et à l’enquête sur les fourchettes d’amendes de l’article 13. Il ne reprend ni l’un ni l’autre ; il compare les mesures de la deuxième année à la référence de la première année et en lit la tendance.

Conclusions · Dossier EAA-Y207 entrées · tirées de sept autorités nationales de surveillance du marché, juin 2026 à mai 2027 (partiel)

Ce que révèle la deuxième année d’application de l’EAA

  1. 017

    Sept autorités de surveillance du marché nommées ont désormais publié des résolutions de sanction ou des avis formels en vertu de l’EAA

    L’année 1 s’est terminée avec trois autorités au dossier public. L’année 2 y ajoute l’AgID italienne, la Tarbijakaitseamet estonienne, l’Agentschap Telecom néerlandais et l’AIBE belge — cette dernière n’ayant été créée qu’en octobre 2026 mais émettant déjà des premières lettres d’avertissement au T1 2027.

  2. 023,4×

    Le total des mesures d’application enregistrées dans les sept autorités a augmenté d’un facteur d’environ 3,4 entre l’année 1 et l’année 2

    L’agrégat est passé d’environ 24 mesures en année 1 (couvrant seulement trois États membres avec des bulletins nommés) à environ 81 dans la fenêtre partielle de l’année 2. La croissance est en partie liée au taux de base : davantage d’autorités sont désormais actives. Elle est aussi opérationnelle : les autorités actives ont publié davantage par trimestre.

  3. 032,7 M€

    Les amendes publiées cumulées de l’année 2 ont atteint environ 2,7 millions € dans les sept autorités au 30 avril 2027

    Le bulletin coordonné par l’AEPD espagnole représente environ la moitié de ce chiffre ; le BAFA allemand contribue à hauteur d’un autre quart via deux grandes sanctions sur des tunnels de paiement. L’Italie, les Pays-Bas et la France contribuent ensemble au quart restant. L’Estonie et la nouvelle autorité belge produisent encore des premières amendes d’avertissement à quatre et cinq chiffres plutôt que des sanctions au niveau du plafond.

  4. 0462 %

    62 % des résolutions de sanction de l’année 2 ciblaient les tunnels de paiement e-commerce

    Les 38 % restants se répartissent entre les bornes libre-service (env. 18 %), les interfaces de services bancaires aux consommateurs (env. 12 %) et les services de médias audiovisuels (env. 8 %). La prédominance du tunnel de paiement est cohérente dans les sept juridictions — la surface qui est poursuivie aux États-Unis est la surface formellement sanctionnée en Europe.

  5. 0528 j

    Le délai médian entre la réception de la plainte et la première lettre d’avertissement est tombé à 28 jours en année 2, contre environ 76 jours en année 1

    Cette baisse reflète la maturité des procédures opérationnelles standard. Les dossiers de l’année 1 étaient traités comme des pilotes uniques ; les dossiers de l’année 2 passent par une file d’attente avec une correspondance modélisée. BAFA, ARCOM et AgID ont tous publié des objectifs de niveau de service de réception à avertissement convergeant vers les 30 jours.

  6. 069

    Neuf renvois transfrontaliers entre autorités ont été enregistrés en année 2 — un mécanisme qui n’avait produit aucun renvoi en année 1

    Le protocole de coordination du réseau CPC pour les affaires EAA est devenu opérationnel en septembre 2026. La plupart des renvois ont transité des États membres plus petits (Estonie, Pays-Bas, Belgique) vers le régulateur du pays d’origine d’une grande plateforme paneuropéenne dont le siège était ailleurs — généralement en Irlande, au Luxembourg ou en Allemagne.

  7. 07480 K€

    La plus grande amende individuelle de l’année 2 — environ 480 000 € — a été émise par la coordination d’application espagnole contre une grande plateforme de billetterie aérienne

    La résolution espagnole a invoqué le palier « très grave » de Ley 11/2023 pour un tunnel de paiement qui échouait à la fois sur les critères de piège clavier et de nom accessible pour les technologies d’assistance. La décision est actuellement en appel judiciaire devant l’Audiencia Nacional. Elle aurait également été la plus grande amende de l’année 1, de quelque 35 %.

Source · bulletins publiés, registres de résolutions et rapports trimestriels d’application de BAFA, AEPD, ARCOM, DGCCRF, AgID, Tarbijakaitseamet, Agentschap Telecom et AIBE. Compilés entre le 28 juin 2026 et le 30 avril 2027. Fenêtre d’observation partielle ; les deux derniers mois de l’année 2 ne sont pas encore au dossier.


Méthodologie et cadre année 1 à année 2

Ce rapport compare deux fenêtres côte à côte. La fenêtre de l’année 1 court du 28 juin 2025 — la date limite d’application de l’EAA — au 27 juin 2026. La fenêtre de l’année 2 court du 28 juin 2026 au 30 avril 2027, une période partielle de douze mois car la deuxième année n’est pas encore close au moment de la rédaction. Les chiffres dans la colonne de l’année 2 sont clairement étiquetés comme partiels là où cela importe.

Le jeu de données est constitué des bulletins publics publiés par chacune des sept autorités de surveillance du marché en vertu de leur mandat EAA propre. Les sanctions non publiées, les règlements dans lesquels le nom de l’opérateur a été expurgé pour des raisons procédurales nationales, ou les mesures signalées uniquement dans la presse spécialisée sans entrée correspondante dans un registre public de résolutions ne sont pas inclus. Cette exclusion rend les totaux prudents ; le nombre réel d’activités d’application est presque certainement supérieur à ce que nous tabulons ici.

01Identifier l’autoritéConfirmer que chaque État membre a formellement désigné son autorité de surveillance du marché EAA et que celle-ci publie un bulletin public ou un registre de résolutions.
02Extraire les résolutionsTélécharger chaque résolution de sanction et lettre d’avis formel publiées datées entre le 28 juin 2026 et le 30 avril 2027, étiquetées à l’EAA / à la loi nationale de transposition.
03Étiqueter la surfaceCoder chaque mesure selon la surface réglementée : tunnel de paiement, borne libre-service, interface bancaire, service de médias audiovisuels, système de billetterie transport ou plateforme de livres numériques.
04Normaliser l’amendeConvertir les devises non-euro, séparer l’amende principale des ordres de correction supplémentaires, et signaler les mesures encore en appel judiciaire.
05Comparer avec l’année 1Pour chaque autorité, extraire le chiffre équivalent de l’année 1 du dossier de l’année 1 et calculer le delta de nombre et de valeur.
7
autorités suivies
81
mesures d’année 2 enregistrées
2,7 M€
amendes publiées cumulées
10 mois
fenêtre couverte à ce jour

Une mise en garde méthodologique compte plus que les autres. Les sept autorités ne publient pas toutes au même rythme. BAFA publie un bulletin trimestriel ; l’AEPD publie les résolutions sur une base continue au fur et à mesure de leur finalisation ; ARCOM publie un journal des décisions de la commission de sanction ; la DGCCRF ne publie que des agrégats annuels et nous devons en déduire la part EAA. La Tarbijakaitseamet estonienne publie une lettre mensuelle d’application. L’AIBE en Belgique publie au cas par cas. Comparer les chiffres entre autorités est donc une approximation ; comparer la tendance au sein de chaque autorité est bien plus fiable.


La tendance : échelle, rythme et dispersion

Trois choses ont changé entre l’année 1 et l’année 2. Premièrement, le nombre d’autorités au dossier public a plus que doublé — de trois (BAFA, la coordination espagnole et le binôme ARCOM-DGCCRF) à sept. Deuxièmement, le rythme au sein de chaque autorité active s’est resserré — le délai médian entre la plainte et l’avertissement formel est passé d’environ 76 jours à 28 jours, les agences ayant constitué des équipes de traitement des dossiers permanentes et modélisé leur correspondance. Troisièmement, la courbe valeur-par-mesure s’est accentuée — la plus grande amende de l’année 1 était d’environ 355 000 € ; la plus grande de l’année 2 (partielle) est d’environ 480 000 €.

MESURES D’APPLICATION DE L’ANNÉE 2 PAR ÉTAT MEMBRE (PARTIEL, AU 30 AVR 2027)
Espagne (AEPD + Ministerio)
23 mesures · env. 1,34 M€
Allemagne (BAFA)
19 mesures · env. 690 K€
France (ARCOM + DGCCRF)
14 mesures · env. 410 K€
Italie (AgID)
10 mesures · env. 175 K€
Pays-Bas (Agentschap Telecom)
7 mesures · env. 78 K€
Estonie (Tarbijakaitseamet)
5 mesures · env. 11 K€
Belgique (AIBE, depuis oct. 2026)
3 mesures · env. 22 K€
Nombre de mesures d’application EAA par État membre, année 1 par rapport à l’année 2 (partielle)Graphique à barres groupées. Pour chacun des sept États membres, une paire de barres compare le nombre de mesures d’année 1 (gauche, encre) avec le nombre de mesures d’année 2 partielle (droite, rouge). L’Espagne passe de 9 à 23 ; l’Allemagne de 8 à 19 ; la France de 7 à 14 ; l’Italie de 0 à 10 ; les Pays-Bas de 0 à 7 ; l’Estonie de 0 à 5 ; la Belgique de non encore active à 3.252015105023191410753987EspagneAllemagneFranceItaliePays-BasEstonieBelgiqueAEPD + MinisterioBAFAARCOM + DGCCRFAgIDAgentschap TelecomTarbijakaitseametAIBE (depuis oct. 2026)mesures d’applicationAnnée 1Année 2 (partielle, au 30 avr. 2027)
Les comptes de mesures d’application de l’année 2 (rouge) ont augmenté dans chaque autorité déjà active en année 1 (encre), et quatre nouvelles autorités — l’AgID italienne, l’Agentschap Telecom néerlandais, la Tarbijakaitseamet estonienne et l’AIBE belge — contribuent désormais au dossier public. Les chiffres de l’année 2 sont partiels, couvrant du 28 juin 2026 au 30 avril 2027.
81
total des mesures d’application de l’année 2 (partiel, au 30 avril 2027)
3,4×
croissance par rapport à la référence de l’année 1 de 24 mesures
28 j
délai médian plainte-avertissement, contre environ 76 jours
62 %
part des mesures de l’année 2 ciblant les tunnels de paiement e-commerce

« L’année 1 portait sur qui agirait en premier. L’année 2 porte sur quelle surface — et la réponse, de Riga à Lisbonne, est le tunnel de paiement. »

Fenêtre d’observation partielle — lire les deltas, pas les absolus

Les chiffres de ce rapport ne couvrent que dix des douze mois de l’année 2. Les deux derniers mois — mai et juin 2027 — seront tabulés dans le rapport de bilan de l’année 2 au prochain trimestre. Nous nous attendons à ce que les totaux augmentent de 15–25 % au rythme actuel. Utiliser les deltas de chiffres entre autorités pour des inférences comparatives ; ne pas traiter les absolus comme définitifs.


Par autorité : qui a agi, à quelle fréquence

Les sept autorités se classent en trois niveaux selon l’activité de l’année 2. L’Espagne et l’Allemagne se situent au sommet, avec de larges bulletins, de multiples sanctions à haute valeur et des rôles d’appel actifs. La France et l’Italie forment le niveau intermédiaire — les deux avec un traitement des dossiers modélisé mais une posture de sanction plus prudente. L’Estonie, les Pays-Bas et la Belgique forment le niveau d’entrée — petits dossiers, correspondance principalement de premier avertissement, amendes ponctuelles bien en deçà du plafond national.

AutoritéÉtat membreMesures d’année 1Mesures d’année 2 (partiel)Plus grande amende d’année 2Surface principale
Coordination AEPD + MinisterioEspagne923env. 480 000 €Billetterie aérienne
BAFAAllemagne819env. 245 000 €Tunnel de paiement e-commerce
ARCOM + DGCCRFFrance714env. 92 000 €Plateforme audiovisuelle
AgIDItalie0 (en cours de rédaction)10env. 58 000 €Tunnel de paiement e-commerce
Agentschap TelecomPays-Bas0 (en cours de délimitation)7env. 31 000 €Bornes libre-service
TarbijakaitseametEstonie0 (en cours de délimitation)5env. 4 800 €Tunnel de paiement e-commerce
AIBE (nouveau venu)Belgiquen/a (pas encore créée)3env. 12 000 €Interface bancaire

Allemagne : BAFA et la doctrine du tunnel de paiement

Le Bundesamt für Wirtschaft und Ausfuhrkontrolle (BAFA) a poursuivi son dossier d’année 1 en année 2 avec la machinerie opérationnelle déjà en place. L’agence a publié dix-neuf résolutions de sanction et lettres d’avis formels entre le 28 juin 2026 et le 30 avril 2027, contre huit dans la fenêtre comparable de l’année 1. Deux des mesures d’année 2 ont atteint la fourchette haute du barème des amendes allemandes en vertu du Barrierefreiheitsstärkungsgesetz (BFSG) : une à environ 245 000 € contre un détaillant de mode moyen de gamme pour un piège clavier sur la modale de l’étape de paiement, et une à environ 198 000 € contre une application bancaire pour une omission de nom accessible pour les technologies d’assistance sur l’écran de confirmation de transaction.

Ce que les bulletins du BAFA révèlent — à travers les dix-neuf mesures — est une préférence doctrinale. Presque chaque résolution allemande de l’année 2 nomme la même combinaison de deux critères : WCAG 2.1 SC 2.1.1 (Clavier) plus SC 4.1.2 (Nom, rôle, valeur), spécifiquement appliqués à une surface transactionnelle. Le BAFA ne cherche pas à couvrir l’ensemble de l’inventaire WCAG ; il applique une bande serrée de « critères dont la violation empêche une transaction couverte de se compléter ». La doctrine est plus étroite que ce que permet l’EAA et considérablement plus prévisible que ce que la lecture de l’année 1 laissait supposer.

Bulletin BAFA T3 2026, point 14
« Die Kombination eines Tastatur-Falls innerhalb der Bezahlmaske mit fehlender ARIA-Auszeichnung des Bestätigungs-Buttons ist als schwerwiegende Verletzung von Section 3 Nr. 11 BFSG einzustufen. Das Bußgeld wird im oberen Drittel des Rahmens festgesetzt. »
BAFA · Sanktionsbescheid 2026-Q3-014

Espagne : coordination AEPD et Ministerio

L’architecture d’application espagnole est inhabituelle. Plutôt que de désigner une seule autorité de surveillance du marché, le pays achemine les plaintes EAA par l’Agencia Española de Protección de Datos (AEPD) lorsque la plainte touche aux droits des personnes concernées, et par le Ministerio de Asuntos Económicos dans le cas contraire. Les deux organismes se coordonnent trimestriellement. Il en résulte, en année 2, le plus grand dossier par juridiction unique dans l’UE : vingt-trois mesures publiées, environ 1,34 million € d’amendes agrégées, et le record de l’année 2 pour la plus grande sanction individuelle — environ 480 000 € contre une grande plateforme de billetterie aérienne en vertu du palier « très grave » de Ley 11/2023.

Les mesures espagnoles penchent vers le haut de l’échelle des amendes européenne. Ley 11/2023 autorise des plafonds par violation jusqu’à 1 million € ; l’année 2 a vu trois résolutions au-dessus de 250 000 € et sept au-dessus de 100 000 €. Le décompte espagnol est moins dû au volume de dossiers qu’à la volonté d’utiliser le palier supérieur. L’Audiencia Nacional a actuellement la décision sur la billetterie aérienne en appel ; une décision est attendue fin 2027 et sera le premier test d’appel des plafonds de l’article 13 dans le Marché unique.


France : ARCOM et DGCCRF, pression sur deux fronts

La France répartit la fonction d’application entre ARCOM, le régulateur de l’audiovisuel et des contenus numériques, et la DGCCRF, la direction de la protection des consommateurs. ARCOM couvre les services de médias audiovisuels et les plateformes de streaming ; la DGCCRF couvre les tunnels de paiement e-commerce, les services bancaires aux consommateurs et les bornes libre-service. La disposition sur deux fronts a produit quatorze mesures d’année 2 entre elles, la plus grande — environ 92 000 € — ayant été émise par ARCOM contre une plateforme de streaming pour non-conformité en audiodescription et sous-titrage codé sur son lecteur iOS. Les mesures de la DGCCRF, en revanche, se situaient dans la fourchette 18 000–55 000 € et se concentraient sur les violations des tunnels de paiement.

Les données françaises montrent aussi le doublement le plus net « année 1 à année 2 » parmi les autorités actives — sept mesures en année 1, quatorze en année 2 (partielle). La croissance est approximativement linéaire ; si le rythme de mai-juin 2027 se maintient, la France clôturera l’année 2 à environ dix-sept mesures, légèrement en dessous de l’Allemagne et de l’Espagne.


Italie : AgID entre dans la phase des bulletins publics

L’Agenzia per l’Italia Digitale (AgID) a passé l’année 1 en mode de délimitation — élaborant des procédures de traitement des dossiers, formant des inspecteurs et correspondant en privé avec les opérateurs avant toute sanction. L’année 2 est celle où l’agence a commencé à publier au dossier. Dix résolutions, environ 175 000 € d’amendes agrégées, et un schéma clair : AgID préfère une approche graduée, ouvrant avec une amende de bas de gamme lors du premier constat et réservant le palier en pourcentage du chiffre d’affaires — qui en vertu de la transposition italienne peut atteindre 5 % du chiffre d’affaires annuel — pour les violations répétées sur la même surface.

Aucune amende italienne de l’année 2 n’a encore invoqué le palier en pourcentage du chiffre d’affaires. Le directeur adjoint de l’agence a déclaré lors d’une conférence sur l’accessibilité à Rome en mars 2027 que la première sanction en pourcentage du chiffre d’affaires est « en cours de préparation » contre un opérateur concerné ayant désormais reçu trois amendes à montant fixe escaladants. Si émise, cette résolution fixerait, sur la base du chiffre d’affaires publié d’un grand opérateur concerné, le record de l’année 2 pour toute juridiction de l’UE.

Le palier en pourcentage du chiffre d’affaires reste latent

L’Italie est le seul État membre dont la loi de transposition autorise une amende en pourcentage du chiffre d’affaires au sommet du barème. Au 30 avril 2027, AgID ne l’a pas encore invoquée. Le mécanisme reste un moyen de dissuasion de type épée de Damoclès plutôt qu’une sanction émise — mais l’agence a maintenant publiquement signalé son intention. L’année 3 pourrait produire la première mesure au palier en pourcentage en Europe.


Estonie : Tarbijakaitseamet au bas de la fourchette

L’autorité de surveillance du marché estonienne pour l’EAA est la Tarbijakaitseamet, le conseil de protection des consommateurs. Le barème des amendes estonien se situe au bas de la fourchette européenne — plafonds par violation d’environ 5 000 € en vertu de la transposition estonienne. Cinq mesures d’année 2, toutes proches du plafond, contre un ensemble de plateformes e-commerce nationales. La plus grande amende individuelle est d’environ 4 800 € ; la plus petite est d’environ 1 200 €, émise comme premier avertissement gradué en vertu du code de procédure administrative estonien.

Ce qui rend l’Estonie intéressante, ce ne sont pas les valeurs de titre — elles sont d’un ordre de grandeur en dessous de l’Espagne et de l’Allemagne — mais la vitesse. Le délai médian plainte-avertissement de la Tarbijakaitseamet est de quatorze jours, soit la moitié de la moyenne de l’UE. L’agence gère une opération légère avec une file d’attente serrée et un rythme prévisible. Les opérateurs recevant une lettre de la Tarbijakaitseamet savent en deux semaines quel sera le constat.


Pays-Bas : Agentschap Telecom s’étend au-delà des télécoms

L’Agentschap Telecom — historiquement un régulateur des télécommunications — a été désigné comme autorité néerlandaise de surveillance du marché pour l’EAA à mi-2025 et est devenu opérationnel sur les questions EAA au cours de l’année 1. L’année 2 est celle où l’agence a dépassé son coeur télécommunications-et-radiodiffusion et a commencé à agir sur les surfaces e-commerce, bornes libre-service et applications bancaires. Sept mesures d’année 2, environ 78 000 € agrégés, avec la plus grande amende individuelle à environ 31 000 € contre un opérateur de bornes libre-service dans un grand hub de transport de la Randstad.

Le barème des amendes néerlandaises en vertu de l’Implementatiewet toegankelijkheidsvoorschriften produkten en diensten autorise des plafonds jusqu’à environ 100 000 € par violation. L’Agentschap Telecom opère bien en dessous de ce plafond en année 2 — la plus grande amende émise se situe à environ 31 % du maximum légal. L’agence a indiqué une approche graduée : les premières violations tombent dans la fourchette basse, les violations répétées sur la même surface escaladent.


Belgique : AIBE, le nouveau venu de l’année 2

La Belgique a créé l’Autorité Indépendante Belge pour l’Accessibilité (AIBE) le 14 octobre 2026 — un an et quatre mois après la date limite d’application de l’EAA. Le retard avait fait l’objet d’un avis motivé de la Commission début 2026, et la désignation belge a été la dernière à être complétée parmi les 27 États membres. L’AIBE avait trois mesures d’année 2 au dossier au 30 avril 2027 : un avertissement formel contre une application bancaire dont le siège est à Bruxelles, une résolution de première amende d’environ 12 000 € contre un opérateur e-commerce de la région wallonne, et un deuxième avertissement formel contre un fournisseur flamand de bornes libre-service.

Le manuel de procédure publié de l’AIBE s’appuie sur le modèle espagnol de l’AEPD : une réception coordonnée avec l’autorité de protection des données (APD-GBA) lorsque la plainte touche aux droits des personnes concernées, et une gestion directe par l’AIBE dans le cas contraire. L’agence a signalé que l’année 3 verra les premières sanctions au niveau du plafond ; le dossier de l’année 2 a été délibérément gradué pour donner aux opérateurs concernés une fenêtre de correction.

Le plancher des sept autorités est le plancher — d’autres sont en file d’attente

Sept autorités sont désormais au dossier public. D’ici la fin de l’année 3, nous nous attendons à ce que ce chiffre atteigne douze à quinze — les États membres restants achèvent leur travail de préparation opérationnelle et ont publié des calendriers pour leurs premiers bulletins publics. Le jeu de données de l’année 3 sera substantiellement plus grand que celui de l’année 2, et la comparaison année 2 à année 3 sera la première effectuée sur un paysage d’application entièrement actif.


Renvois transfrontaliers et le lien CPC

Neuf renvois transfrontaliers entre autorités ont été enregistrés en année 2 — un mécanisme qui n’avait produit aucun renvoi en année 1, car le protocole de coordination du réseau CPC pour les affaires EAA n’est devenu opérationnel qu’en septembre 2026. Les renvois ont suivi un schéma prévisible : les États membres plus petits (Estonie, Pays-Bas, Belgique) renvoyaient des plaintes vers le régulateur du pays d’origine de la plateforme dont le siège était dans un État membre plus grand (le plus souvent l’Irlande, le Luxembourg ou l’Allemagne). L’autorité du pays d’accueil acceptait alors le renvoi et ouvrait un dossier, ou retournait le dossier avec une justification documentée.

Sur les neuf renvois d’année 2, six ont été acceptés et trois ont été retournés. Les six renvois acceptés n’apparaissent pas encore dans des résolutions de sanction publiées — ils se trouvent dans le pipeline du pays d’accueil. L’attente est que les premières sanctions découlant de renvois transfrontaliers arriveront en année 3, principalement contre des grandes plateformes paneuropéennes dont la juridiction de siège ne les avait pas encore traitées comme des cibles prioritaires.

01
Espagne (AEPD + Ministerio)
23 mesures · env. 1,34 M€ · billetterie aérienne, réservation hôtelière, banque
23
02
Allemagne (BAFA)
19 mesures · env. 690 K€ · tunnels de paiement, applications bancaires
19
03
France (ARCOM + DGCCRF)
14 mesures · env. 410 K€ · streaming, e-commerce, kiosques
14
04
Italie (AgID)
10 mesures · env. 175 K€ · tunnels de paiement, kiosques
10
05
Pays-Bas (Agentschap Telecom)
7 mesures · env. 78 K€ · kiosques, banque, e-commerce
7
06
Estonie (Tarbijakaitseamet)
5 mesures · env. 11 K€ · e-commerce national
5
07
Belgique (AIBE, depuis oct. 2026)
3 mesures · env. 22 K€ · banque, e-commerce, kiosques
3

Ce que les données de l’année 2 nous disent sur l’année 3

Le signal le plus fort dans le jeu de données de l’année 2 est que l’application de l’EAA est en train de devenir routinière. L’année 1 portait sur la question de savoir si le régime mordrait vraiment. Les chiffres disaient oui, mais prudemment — trois autorités, vingt-quatre mesures, amende maximale juste en dessous de 355 000 €. L’année 2 porte sur l’ampleur de la morsure : sept autorités, quatre-vingt-une mesures sur l’horloge de l’année partielle, amende maximale d’environ 480 000 €, et un pipeline de traitement des dossiers modélisé fonctionnant à 28 jours de médiane entre la plainte et l’avertissement formel. Le régime n’est plus expérimental.

Le deuxième signal est la convergence doctrinale sur le tunnel de paiement. Dans toutes les sept autorités, la surface sanctionnée modale est le tunnel de paiement e-commerce — 62 % des mesures d’année 2, avec la paire de critères dominante étant WCAG 2.1 SC 2.1.1 (Clavier) plus SC 4.1.2 (Nom, rôle, valeur) appliqués à une modale transactionnelle. C’est la même surface qui alimente le volume des actions en justice aux États-Unis. L’UE est arrivée, par une voie procédurale différente, au même focus d’application. Pour les opérateurs concernés, l’implication pratique est sans ambiguïté : si vous n’avez qu’une priorité de budget accessibilité, c’est le tunnel de paiement.

Le troisième signal est que le jeu de données de l’année 3 sera encore différent. Cinq autres États membres ont publié des calendriers pour commencer à émettre des résolutions de sanction au cours du second semestre 2027. La première sanction au palier en pourcentage du chiffre d’affaires de l’Italie est « en cours de préparation ». La première décision d’appel — l’affaire espagnole de billetterie aérienne à l’Audiencia Nacional — tombera fin 2027 et établira la première jurisprudence sur la proportionnalité des amendes EAA en vertu de l’article 13. La transition de « le régime est réel » à « le régime a une jurisprudence établie » se joue en année 3.